Le baiser de la mort
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Extrait du premier chapitre
M Pierre Gardin 
Inspecteur de première classe  
– police criminelle 
12 rue Pavillon sous bois 
95 002 Bobigny 

Prison de Fleury-Mérogis 
M Michel Vautrier  
Détenu 

Monsieur, 
 
Je me permets de vous écrire car je vous sais retraité de la police criminelle de Paris. 
Je suis détenu à la prison de Fleury-Mérogis. Une malencontreuse affaire de trafic de voitures avec l’Afrique. J’ai été jugé. Condamné à cinq ans, j’ai déjà purgé le tiers de ma peine. Je suis poursuivi aussi pour une histoire de mœurs. Mais je n’ai rien à voir avec ça. Je suis innocent, vous pouvez me croire sur parole. Je sais, ça ne pèse pas lourd dit derrière les barreaux. C’est pourtant la vérité. Un suspect n’est-il pas innocent tant qu’il n’a pas été déclaré coupable ? J’invoque la présomption d’innocence. Si je suis d’accord pour payer ma dette à la société, je ne veux pas prendre plus lourd pour les fautes d’un autre. Vous me direz que je n’ai qu’à m’en remettre à la justice qui finira par m’innocenter. Les choses sont plus compliquées qu’il n'y paraît. Je n’ai pas confiance en nos magistrats. De fausses preuves ont été réunies contre moi. C’est un complot qui vise à me perdre. J’ai été l’objet de menaces directes. Des menaces de mort. Désespéré, je me tourne vers vous. Mon avocat m’a donné vos coordonnées. Je crois en vous. Je connais vos méthodes. Vos hauts-faits, dont la libération d’innocents accusés à tort. Vous êtes un homme bon. Un humaniste. Ma vie est entre vos mains, monsieur Gardin, ne m’abandonnez pas ! Si vous n’agissez pas, dans dix jours, peut-être moins, peut-être plus... Je serai exécuté. Tué pour une faute que je n’ai pas commise.  
Avec mon profond respect, 


La lettre dont les dernières lignes avaient été tracées avec nervosité sur un papier imbibé de larmes était signée Michel Vautrier.