Marine
POEMES
© Marlène MANUEL 
Et l'ombre de la mer s'allongeait chaque soir 
Et l'été soupirait sur les vagues éperdues, 
Et du sable naissaient des mondes inconnus, 
Et tu me racontais des étoiles l'histoire. 
 
Et le vent frissonnait sur la lande sauvage, 
Et le ciel effeuillait les astres de la nuit, 
Et le temps suspendait aux arbres des mirages, 
Et contre mon épaule, tu inventais la vie. 
 
Et ta main dessinait de longs frissons de rêve, 
Et tu rêvais d'une île où fleurit la tendresse 
Et d'une escale au port, le soir, près de la grève. 
 
Et j'étais cette escale au pied de tes silences, 
Et je volais au temps des bouquets de promesse, 
Et je te rejoignais, soumise et sans défense. 
 
Et l'ombre de la mer, et l'été et le vent, 
Et le ciel et le sable, et les vagues et le temps 
Gémissaient doucement ainsi qu'aux plus grands froids. 
Des violons dans la nuit soupiraient des serments. 
Mais l'été, c'était nous. Et l'été finira.