William Benson et le manoir hanté
EDITION
Extrait du 1er chapitre
...Une centaine de dossiers étaient empilés sur son bureau mais l’un d’eux attira plus particulièrement son attention. Mr et Mrs MacNee, résidant près d’Aberdeen en Écosse dans un somptueux manoir, rencontraient des problèmes avec des objets qui se déplaçaient tout seuls. Le journaliste considéra cette lettre avec intérêt. Il n’avait jamais écrit d’articles sur ces phénomènes et ce couple donnait des explications très précises et surprenantes. Un numéro de téléphone figurait en haut de la première page, William Benson décida de les appeler.  
– Allo, répondit une belle voix claire.  
– Mrs MacNee ? Ici William Benson du journal “Strange News” de Londres.  
– Mr Benson ! Quelle joie de vous entendre ! J’espérais vraiment avoir de vos nouvelles. 
– C’est chose faite, Mrs MacNee. Le courrier que vous m’avez fait parvenir a retenu toute mon attention, surtout les déplacements d’objets. Ces manifestations ne sont pas très courantes. 
– En effet, ceci est très difficile à croire pour les personnes qui ne les vivent pas. Mais je peux vous assurer que c’est la vérité. Mes voisins semblaient sceptiques lorsque je leur racontais ces histoires, jusqu’au jour où ils ont souhaité passer la nuit au manoir pour nous prouver que tout ceci faisait partie de notre imagination.  
– Et alors ? 
– Ils n’ont jamais voulu revenir et ont même décidé de vendre leur maison pour aller s’installer à Édimbourg. 
– Je suppose qu’ils ont été témoins de ces phénomènes alors qu’ils ne s’y attendaient pas. 
– Tout à fait. Ma voisine, après avoir passé une nuit agitée dans notre demeure, n’a cessé de trembler comme une feuille. Elle a déclaré qu’elle ne mettrait plus les pieds chez moi de toute sa vie. Son mari, quant à lui, m’a demandé comment je pouvais supporter tout ça. 
– Et que lui avez-vous répondu ? 
– Je lui ai expliqué que ce manoir était un héritage de mon père et qu’il était hors de question que je déménage malgré ces problèmes. Alors, il m’a signifié que j’étais la femme la plus inconsciente qu’il connaisse.  
Le journaliste comprenait que Mrs MacNee veuille rester au manoir. Le meilleur conseil que pouvait lui donner une personne sensée : quitter les lieux. « Mais dans la vie, il vaut mieux affronter les problèmes plutôt que les fuir », pensa-t-il.  
– Je devrais vous rendre une petite visite pour constater moi-même ces phénomènes. 
– Je ne demande qu’à vous rencontrer. Vous êtes mon seul espoir pour élucider ce mystère. 
La notoriété de William Benson l’obligeait à régler les soucis des gens mais il se sentait parfois dépassé, comme à cet instant précis.  
– Mrs MacNee, sans vouloir vous décevoir, je ne sais pas si je pourrai régler votre problème, du moins essaierai-je de le comprendre. 
– Bien entendu. Quand pourrez-vous nous rendre visite ? 
– Dans deux jours. Nous serons mercredi, disons en fin de matinée... 
– Ça me convient tout à fait. Vous venez en train ? 
– Oui. 
– Alors je dirai à mon chauffeur d’aller vous chercher à la gare. Seul, il vous serait difficile de trouver l’endroit où nous habitons, c’est plutôt retiré. 
– C’est très gentil de votre part. 
– C’est la moindre des choses. Mon mari sera très heureux de faire votre connaissance. 
– Alors, à mercredi, Mrs MacNee. 
– Au revoir, Mr Benson et merci encore.