Alazais
POEMES
© Jean-François COUBAU 
Une nuit, j'ai rêvé de toi, Alazaïs 
Au pied de Montségur et loin de tous les vices, 
Tu étais là, grande et belle brune aux yeux noirs 
Travaillant très dur, de bon matin jusqu'au soir. 
 
Tu vivais là, jeune et très jolie bergère 
Entre Lastour, Quéribus et les Corbières 
Le soir, tu écoutais les prêches Cathares  
Et leur lumière était celle d'un grand phare. 
 
Le Moyen-Age, c'était l'ère des mâles  
Siècle de dureté physique et morale  
Huit cent ans infranchissables nous séparaient,  
Tu ne me connaissais pas, mais je te voyais. 
 
J'ai vu les sinistres gueux de l'Inquisition 
Rafler tous les habitants de ton village 
Car dans mon temps, on a une télévision  
Qui permet de voir des scènes d'un autre âge. 
 
Et j'ai bondi lorsque les soudards t'on saisi. 
Et alors, je me suis projeté dans ton temps 
Car l'appareil permet de voyager aussi 
Dans le temps et l'espace, tout comme le vent. 
 
J'ai hurlé et sauté sur ces sinistres rats. 
Leurs épées nues étaient près de me transpercer. 
Mais j'étais là, avec mes commandos-paras. 
Car dans ce corps d'élite, je suis officier. 
 
Nos fusils retentissants comme cent tambours 
Décimèrent les faux et ignobles prêtres 
Puis, mes soldats dans leurs temps s'en retournèrent  
Et nous étions face-à-face dans notre amour. 
 
J'ai donc franchi huit siècles pour te rencontrer 
Et j'ai décidé auprès de toi de rester. 
Dans ta petite maison, tu m'a emmené 
J'y ai vécu une simple vie de berger 
 
Notre amour qui n'aurait jamais du voir le jour 
A franchi les siècles et continuera toujours.