Une nuit, j'ai rêvé de toi, Alazaïs
Au pied de Montségur et loin de tous les vices,
Tu étais là, grande et belle brune aux yeux noirs
Travaillant très dur, de bon matin jusqu'au soir.
Tu vivais là, jeune et très jolie bergère
Entre Lastour, Quéribus et les Corbières
Le soir, tu écoutais les prêches Cathares
Et leur lumière était celle d'un grand phare.
Le Moyen-Age, c'était l'ère des mâles
Siècle de dureté physique et morale
Huit cent ans infranchissables nous séparaient,
Tu ne me connaissais pas, mais je te voyais.
J'ai vu les sinistres gueux de l'Inquisition
Rafler tous les habitants de ton village
Car dans mon temps, on a une télévision
Qui permet de voir des scènes d'un autre âge.
Et j'ai bondi lorsque les soudards t'on saisi.
Et alors, je me suis projeté dans ton temps
Car l'appareil permet de voyager aussi
Dans le temps et l'espace, tout comme le vent.
J'ai hurlé et sauté sur ces sinistres rats.
Leurs épées nues étaient près de me transpercer.
Mais j'étais là, avec mes commandos-paras.
Car dans ce corps d'élite, je suis officier.
Nos fusils retentissants comme cent tambours
Décimèrent les faux et ignobles prêtres
Puis, mes soldats dans leurs temps s'en retournèrent
Et nous étions face-à-face dans notre amour.
J'ai donc franchi huit siècles pour te rencontrer
Et j'ai décidé auprès de toi de rester.
Dans ta petite maison, tu m'a emmené
J'y ai vécu une simple vie de berger
Notre amour qui n'aurait jamais du voir le jour
A franchi les siècles et continuera toujours.