Il était grand, les cheveux bruns, le regard vert,
Adolescent, c'était quelqu'un de plutôt fier,
Il racontait les bords de Loire et les châteaux,
Je l'écoutais, le soir, blottis sous son manteau.
Je venais de la mer, du vent et du soleil,
Habillée de clair ou de blanc ou de vermeil,
Je parlais de la Bonne Mère et du Vieux Port
Il appréciait mon Univers jusqu'à l'aurore.
Oh ! Je me souviens de notre première ivresse,
Nos deux coeurs rayonnaient dans une même liesse,
Nous courions au hasard, prêts à nous retrouver
Comme deux corps perdus que l'amour a sauvé.
Mais comment exprimer tout ce qui s'ensuivit
Notre amour était de ceux qui durent la vie
Nous refusions les jours tristes des lendemains
Où il faudrait reprendre, seuls, notre chemin.
Le dernier jour, avec des yeux remplis de larmes
Nous sûmes que l'automne avait rompu le charme
Nos deux coeurs éprouvaient une même tristesse
Unis dans le bonheur comme dans la détresse.
D'un signe de la main, il me dit au revoir
Avec un regard vert, rempli de désespoir
Comme dans la chanson vers le Nord il partit
Et la pluie traça ma route vers le Midi.
Amour d'été, très vite, tu finiras
Dans le froid de l'hiver, bientôt tu sombreras.
Tu demeureras longtemps dans mes souvenirs
Un rêve inaccessible, tu vas devenir.