Et nous resterons là, immobiles muets,
Devant ces feuilles brunes et ces arbres mourants,
Devant cette nature au visage attristé,
Emportée par le vent, emportée par le temps.
Et nous observerons toutes ces fleurs gelées,
S’éteindre lentement, disparaître en silence.
Leurs pétales délicats, recouverts de rosée,
Tournoieront dans la brise en une funeste danse.
Et nous ne dirons rien, et nous ne ferons rien,
Sinon les regarder sans un bruit se détruire :
Leurs couleurs s'envolent, glissent dans le zéphyr,
Et, soudain, l'horizon se noircit de chagrin.