Le flan aux oeufs
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© Jean-François CAUBAU
- Ding, dong ! 
- Henri, va vite voir !  
L'interpellé s'en alla ouvrir la porte. Devant lui, se tenait un jeune chasseur alpin arborant un grand sourire. 
- C'est François. 
Le jeune ainsi nommé entra et embrassa son hôte. La femme de celui-ci arriva et la joie des retrouvailles fut sans partage. L'atmosphère lourde de la " Drôle de guerre " s'estompa quelque peu, surtout lorsque le reste de la famille fut réunie. Et Henri prit la parole : 
- Nous sommes heureux d'accueillir notre ami François parmi nous aujourd'hui dimanche. 
- Merci, merci, répondit le jeune militaire, pour moi aussi c'est un plaisir. 
- Ah, intervint Jeanne, la femme d'Henri, et surtout, surtout . . .  
- Tu sais ce que nous apprécions tes talents de pâtissier, dit Mireille, sa fille. 
François sourit et répondit : 
- Pas de problème, aujourd'hui, je vous fabrique un . . . 
- Un flanc aux œufs, répondit à l'unisson la famille ! 
Et ce fut suivi par un éclat de rire général. Et rapidement, guidé par la maîtresse de maison, François alla à la cuisine et commença à faire son flanc " aux œufs ". Le reste de la maisonnée, vaquait à ses occupations et commença à se mettre à table pour l'apéritif. Alors, subrepticement François sortit de sa poche quelques petits sachets de préparation pour flanc, qui ne comportait aucun œufs, même en poudre, et pour cause ! Rapidement, il fit sa préparation et bientôt, un magnifique flanc " aux œufs " fut visible sur la table. 
- Merci, fit la maîtresse de maison, je vais le mettre à la glacière, le temps de déjeuner.  
Et François s'installa avec les autres convives. Le repas fut très gai et l'on parla de tout, avec force plaisanterie et histoires drôles. Enfin, vint le moment tant attendu. 
- Ah, fit Henri, voilà le moment du flanc aux œufs.  
Avec un formidable clin d'œil au jeune militaire, qui répondit de même ! 
Et immédiatement Jeanne apporta l'objet du désir ! Le partage fut vite fait et chacun se mit à déguster ce flanc " aux œufs ". Lorsqu'il n'en resta plus une seule miette, Henri prit la parole : 
- Il faut reconnaître que François est un pâtissier hors pair. Son flanc aux œufs est un régal.  
Et tout le monde d'approuver.  
- Merci François, ajouta Mireille.  
Le reste des convives fit chorus mais ne remarqua pas le clin d'œil d'Henri vers François.  
Et le reste de l'après-midi se déroula dans la plus grande joie. De temps à autres, Henri lançait : 
- Qu'il était bon, ce flanc aux œufs ! 
Enfin, vint l'heure du départ pour François. Tout le monde accompagna le jeune militaire à la porte et Henri ne put s'empêcher de dire : 
- Merci pour ta présence François et aussi pour . . .  
- Le flanc aux œufs ! reprit la compagnie en riant. 
Et François échangea une fois de plus un coup d'œil malicieux avec Henri . . . qui avait parfaitement trouvé dans la poubelle, les sachets de flanc " aux œufs " !