Le rocher du diamant
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© Virginie COROT
Estelle m’avait exhortée à la suivre en m’y assurant qu’on y trouvait un trésor fabuleux constitué des plus beaux diamants. Je l’avais donc suivie à travers le bois près de la maison où mes parents et moi venions de nous installer. 
 
« Allez Fanny ! Plus vite ! » 
 
Nous arrivâmes au bout chemin de terre qui parcourait la petite forêt. Noud étions à bout de souffle mais en même temps excitées toutes les deux par l’aventure. 
 
Nous nous trouvions en effet devant une grande colline qui avait l’apparence d’un énorme rocher sombre et au bas de cette grande butte, une ouverture semblait donner accès à une grotte obscure. Jamais je n’oublierai cet endroit. Il semblait sortir d’un rêve ou d’un conte. Il fait partie des endroits où quelque chose en nous est né. Et ce qui naquit en moi vint d’une belle découverte. 
 
« Viens ! C’est par là ! » 
 
Je suivis Estelle qui m’entraîna dans la caverne sombre creusée dans le « rocher colline ». J’eus peur d’entrer et de m’y perdre comme dans d’horribles cauchemars que j’avais faits mais Estelle semblait savoir où aller et connaître bien l’endroit alors, je m’enhardis et courus derrière mon amie. Elle tourna à un moment à gauche et nous accédâmes à une galerie obscure au premier abord puis, quand mes yeux s’habituèrent au noir, je vis qu’il n’y avait besoin ni de bougies, ni de torches. Je restai coi. 
 
« A y est, on est arrivés. C’est là ! » 
 
Sur les murs de la galerie qui s’enfonçait profondément sous terre, d’étranges lumières argentées brillaient intensément. Toute la grotte semblait être éclairée naturellement comme à ciel ouvert. On se serait cru dans un monde magique, fantastique et j’ai même pensé au parc Disneyland Paris. Ils devraient d’ailleurs utiliser ce genre d’énergie écologique pour éclairer leurs foutues allées la nuit. Cela m’aurait évité de trébucher sur une marche de trottoir et de m’étaler une fois. 
 
« Ce sont des lucioles phosphorescentes. Elle brillent dans le noir.  
- Et les diamants ? 
- Et bien ils sont là mes diamants ! Qu’est-ce que tu croyais ? » 
 
Je me sentis soudain bête d’avoir cru à un vrai trésor. Adieu la construction d’une villa à Tahiti ! 
 
« Ce n’est pas un trésor de valeur, Fanny ! C’est un trésor naturel de beauté ! »  
C’est là que j’ai compris qu’il existait des choses dans la nature qui ont bien plus de valeur que tout l’or du monde. Oui, ce que j’avais devant moi était un trésor et pas seulement les lucioles phosphorescentes. Ce qu’Estelle m’offrait en était un. Un trésor de partage, d’amitié. 
 
Après sa mort, je suis souvent retournée à cet endroit que nous avions baptisé ensemble « Le Rocher du Diamant ». J’y retrouve à chaque fois la même vibration étrange et puissante comme si Estelle était toujours là à me présenter le plus beau trésor du monde qui fut pour moi notre Saint Graal